LE VOTE : NOTRE DROIT, NOTRE DEVOIR, NOTRE ARM LA PLUS PACIFIQUE

Par Serge OUAMBI
Président du parti Vision Nouvelle pour la République (VNR)
Ancien élève de l’ENA (France), ancien directeur d’école à N’Djamena


Le 29 décembre 2024, des milliers d’électeurs du 6ᵉ arrondissement de N’Djamena se sont rendus aux urnes pour les élections législatives. Dans l’isoloir, chacun était seul face à sa conscience. Seul face à l’histoire. Seul face à l’avenir de ses enfants.

Ce jour-là, comme à chaque scrutin, des Tchadiens ont exercé un droit chèrement acquis par les générations qui nous ont précédés. Un droit que trop de nos concitoyens, encore aujourd’hui, considèrent comme un acte banal, une formalité administrative, voire une corvée sans conséquence.

Je veux dire ici avec force : le vote n’est pas un détail. Il est l’acte fondateur de toute démocratie digne de ce nom.

Le vote, un droit arraché à l’histoire

Notre pays a connu des décennies de régimes autoritaires, de violences politiques, de transitions incertaines. Des hommes et des femmes se sont battus, parfois au péril de leur vie, pour que nous puissions aujourd’hui glisser un bulletin dans une urne.

Ne l’oublions jamais : dans de trop nombreux pays, sur notre continent comme ailleurs, des citoyens risquent encore la prison ou la mort pour oser réclamer ce droit que nous tenons parfois pour acquis. Le vote est un bien précieux, un héritage qu’il nous faut protéger et honorer.

Le vote, un devoir civique

Certains disent : « À quoi bon voter ? Rien ne change. » D’autres proclament : « Je ne fais confiance à aucun candidat. » D’autres encore, hélas, échangent leur voix contre un billet, un sac de riz ou une promesse sans lendemain.

Ces attitudes, je les comprends. Elles sont filles de la désillusion, de la pauvreté, du sentiment d’impuissance. Mais elles n’en sont pas moins dangereuses pour notre démocratie.

Car ne pas voter, c’est laisser les autres décider pour nous. Voter pour le plus offrant, c’est vendre notre avenir au rabais. Se détourner des urnes, c’est offrir sur un plateau le pouvoir à ceux qui n’ont que faire de l’intérêt général.

Le vote n’est pas qu’un droit. Il est un devoir civique.

  • Devoir envers nous-mêmes, car nous portons la responsabilité de notre destin.
  • Devoir envers nos enfants, qui vivront avec les choix que nous faisons aujourd’hui.
  • Devoir envers ceux qui sont morts pour que nous ayons ce droit.
  • Devoir envers les générations futures, qui jugeront notre capacité à construire un Tchad meilleur.

Voter en conscience

Au VNR, nous ne disons pas : « Votez pour nous parce que nous sommes les meilleurs. » Nous disons : « Allez voter. Renseignez-vous. Comparez. Exigez des comptes. Et choisissez en votre âme et conscience. »

Un vote éclairé vaut mille bulletins jetés au hasard. Un vote réfléchi est une contribution active à l’édification nationale. Un vote libre est le fondement de toute légitimité politique.

C’est pourquoi nous appelons à :

  1. Une éducation civique renforcée dès l’école primaire, pour que chaque Tchadien comprenne l’enjeu de son vote.
  2. La transparence totale sur les programmes et le financement des partis, pour que les citoyens choisissent en connaissance de cause.
  3. La moralisation des pratiques électorales, pour que l’argent cesse d’acheter les consciences.
  4. La facilitation de l’inscription sur les listes électorales, pour que personne ne soit exclu du processus.

La présidentielle de 2024 : un rendez-vous avec l’histoire

La prochaine élection présidentielle sera un moment crucial pour notre pays. Elle décidera de l’orientation du Tchad pour les années à venir. Elle déterminera si nous continuons sur la voie de l’opacité et des pratiques anciennes, ou si nous ouvrons résolument celle de la transparence, de la rigueur et du renouveau.

Je serai candidat à cette élection, avec la conviction profonde que mon parcours d’administrateur formé à l’ENA et d’éducateur ayant dirigé une école pendant dix ans peut apporter une vision différente : celle d’un Tchad géré avec rigueur, avec humanité, avec exigence.

Mais au-delà de ma candidature, c’est votre participation qui fera la différence. C’est votre bulletin dans l’urne qui écrira la suite de notre histoire commune.

Un appel solennel

À ceux qui doutent : ne laissez pas le scepticisme vous voler votre avenir.
À ceux qui ont faim : ne vendez pas votre dignité pour un plat de lentilles.
À ceux qui sont en colère : transformez votre colère en énergie citoyenne.
À ceux qui espèrent : venez nombreux faire vivre cet espoir dans l’isoloir.

Le 29 décembre 2024, dans le 6ᵉ arrondissement, j’ai vu des files d’attente patientes, des électeurs déterminés, une démocratie qui cherchait à s’affirmer. Ce jour-là, j’ai été fier d’être Tchadien.

Je veux revivre cette fierté au niveau national. Je veux que chaque citoyen, du Borkou au Logone, du Ouaddaï au Mayo-Kebbi, puisse dire : « J’ai voté. J’ai participé. Je suis acteur de l’histoire de mon pays. »

Le vote est notre arme la plus pacifique. Utilisons-la massivement, intelligemment, dignement. Ne laissons personne décider à notre place. L’avenir du Tchad est entre nos mains.


Serge OUAMBI
Président du parti Vision Nouvelle pour la République (VNR)
Candidat déclaré à l’élection présidentielle
Ancien élève de l’ENA (France)
Ancien directeur d’école à N’Djamena

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